Activité tap-tap – isosyllabisme et rôle de la voyelle

Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du MOOC Pratique de l’Enseignement de la Prononciation en FLE.

Cette activité fait suite à l’activité « Pas à pas ».

Lors de l’activité ci-dessus mentionnée, nous avons essayé de mettre en évidence plusieurs phénomènes :

  • l’unité de base du rythme en français est la syllabe
  • chaque syllabe a pour noyau une voyelle
  • si l’on exclut la syllabe finale, la durée des syllabes est sensiblement la même (isosyllabisme)
  • faire varier la vitesse de parole (le débit), ce n’est pas faire des pauses silencieuses mais allonger la durée d’émission des phonèmes vocaliques

Lors de l’activité qui nous occupe maintenant, nous allons reprendre :

  • la notion d’isosyllabisme
  • l’idée que la variation du débit dépend de la durée d’émission des phonèmes vocaliques

Nous allons également essayer de montrer qu’il y a une corrélation entre le rythme parolier et la stabilité du timbre des voyelles.

A- De la scansion à l’allongement

1ère étape

Proposer tout d’abord plusieurs phrases relativement simples et courtes extraites d’un dialogue.
Les faire produire en les scandant en battant le rythme : à chaque émission d’une syllabe, un doigt tapote la table. Bien marquer la scansion afin de produire bien nettement chaque syllabe.

2e étape

Leur proposer maintenant de travailler par groupe de deux et de « jouer » le dialogue en respectant la consigne de l’activité précédente.

3e étape

Lors de cette troisième étape, les apprenants vont produire chaque phrase non plus en scandant mais en allongeant chaque phonème vocalique. Attention, ils devront simultanément tapoter la table d’un doigt afin de marquer le rythme (c’est très important).

À ce stade, les apprenants ont des difficultés à combiner la scansion et l’allongement des voyelles. Ils sont soit en rythme mais marquent des pauses, soit, les allongements sont produits mais le rythme parolier et les tapotements sont asynchrones.

4e étape

Proposer de nouvelles phrases :

Leur demander présentement de produire chacune d’entre elles en les scandant puis en allongeant exagérément les phonèmes vocaliques (tapoter toujours la table).

On constate que l’apprenant enchaîne plus aisément les syllabes.

B-Stabilité du timbre vocalique VS variation de la fondamentale (F0) en syllabe finale

5e étape

Montrer maintenant que chaque séquence rythmique est généralement conclue par une syllabe qui « porte » l’intonation et dont la durée d’émission est plus longue.

Pour cela proposer des phrases assertives qui seront modifiées en questions fermées.

Exemple : « Il est content. » puis « Il est content ? »

Puis leur demander à quoi sert d’allonger la syllabe et de «monter » ou de « descendre » la voix.

Réponse attendue : pour marquer la fin d’une phrase.

6e étape

Proposer des phrases avec deux groupes rythmiques qu’ils répètent (assertions ou questions). Poser ensuite la même question que précédemment.

Réponse attendue : pour marquer la fin des parties des phrases (termine un groupe rythmique)

Donc, quand je parle (sans émotion), tous semble monotone ! Pas d’intensité, pas de variation de la voix, les voyelles ne « bougent » pas, sauf à la fin pour signaler quelque chose.

Puis ils travaillent à nouveaux des phrases contenant deux groupes rythmiques (questions-assertions)

Qu’ils n’oublient pas :
-de tapoter la table d’un doigt (ou main)
-d’allonger toutes les voyelles (elles doivent avoir la même durée)
-d’allonger encore plus la syllabe finale de chaque groupe rythmique en exagérant les intonations.

7e étape

Proposer un petit dialogue (4-5 répliques) qu’ils travaillent par groupes de deux.

Les apprenants doivent respecter les consignes de l’activité précédente en exagérant moins les allongements.
-tapoter la table d’un doigt (ou main)
-allonger toutes les voyelles (elles doivent avoir la même durée)
-allonger encore plus la syllabe finale de chaque groupe rythmique en exagérant les intonations.

8e étape

« Parlez entre vous en reprenant tout ce qui a été vu » (respecter les consignes des activités 6 et 7).

Remarques

En travaillant ainsi, nous avons remarqué que : ou bien l’apprenant produisait un peu mieux les enchaînements consonantiques mais qu’il avait toujours des problèmes (quand il en a) avec les enchaînements vocaliques ou bien le contraire…

Autrement dit, il faudrait tester de nouveau cette séance pour « en avoir le cœur net ».

Le fait de montrer les variations de la dernière syllabe montre par contraste que ce qui n’est pas à la fin ne varie pas, c’est stable !

Ils se rendent compte qu’en fait, ce qui est stable, c’est l’intensité. Cela a une incidence sur la façon de produire les voyelles : leur timbre varie peu. Elles ne peuvent donc pas diphtonguer par exemple.

9e étape (facultative)

Demander aux apprenants de parler très lentement (jouer à l’ « idiot » ou au disque 45 tours réglé sur 33 tours (ça parle aux vieux comme nous ! ) sans tapoter.

C’est une transition vers une autre activité qui sera proposée ultérieurement : « seulement des voyelles ». C’est aussi un moyen de passer à l’expression libre : en fin de session, on demande aux apprenants ce qu’ils vont faire après le cours en utilisant cette manière de parler.

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