De la voyelle au rythme

Lors de cette séance, nous allons travailler la voyelle en tant que noyau de la syllabe et donc élément déterminant du rythme en français.
Lors des séances précédentes, nous sommes partis du rythme pour mettre en évidence l’importance du rôle des phonèmes vocaliques au niveau supra segmental. Maintenant, nous allons partir de la voyelle pour progressivement dépasser le cadre segmental et déplacer l’attention de l’apprenant sur le système vocalique. Le non natif va essayer d’apprendre à anticiper chaque phonème vocalique lors de la production orale.

Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du MOOC Pratique de l’Enseignement de la Prononciation en FLE.

1- Travail préparatoire : une voyelle = une impulsion = une syllabe

L’objectif de cette activité est d’émettre les phonèmes vocaliques de manière enchaînée (sans pause silencieuse entre eux) en produisant une impulsion appropriée sur chacun d’eux. Il est préférable de choisir des séries relativement courtes (trois syllabes) et de les faire produire lentement (=allonger les phonèmes vocaliques).

Lorsque nous réalisons ce tour de chauffe, généralement les apprenants s’amusent malgré la difficulté d’enchaîner les phonèmes vocaliques.

Exemple de séries

  • 1- a a a
  • 2- u u u
  • 3- i i i
  • 4- eee
  • 5-yyy
  • 6- aia
  • 7- uoi
  • 8- aøy
  • 9-uyø

Remarques :

Il est possible de proposer des phonèmes en vue d’un travail spécifique. Par exemple travailler les phonèmes centraux pour un public japonais. On peut aussi travailler sur l’axe d’aperture pour les publics ne connaissant pas l’opposition articulatoire ouverture et fermeture. Mais attention, il ne s’agit pas non plus de surcharger le travail de l’apprenant : n’oublions pas qu’il s’agit d’un travail sur le rythme.

2- Associer les séries à des phrases

Pour la réalisation de cette étape, nous commencerons d’abord par proposer des séries de trois voyelles. Mais attention, ces trois voyelles doivent constituer les noyaux de syllabes d’une phrase ayant un sens.

Par exemple, je peux proposer la série [i a a] car elle peut cacher la phrase « il a mal ».

Comment procéder ?

– Tout d’abord proposer une série de trois voyelles en les scandant (les pauses silencieuses sont obligatoires !)

– Puis proposer la même série en allongeant les phonèmes vocaliques (les pauses silencieuses sont interdites !)

– Ensuite, produire la série avec les consonnes (=produire une phrase). Allonger tout de même les phonèmes vocaliques.

– Enfin, produire la phrase normalement.

Exemple de phrase : il a mal.

1) i a a (scansion)

2) iii aaa aaa (allongement, marquer une impulsion sur chaque voyelle = trois impulsions au total)

3) iii laaa maaal (phrase avec allongement des voyelles)

4) Il a mal.

Exemples de phrases

  • 1- Élodie.
  • 2- Vous aimez ?
  • 3- Du café.
  • 4- Une idée ?
  • 5- S’il vous plaît.
  • 6- C’est fini.
  • 7-Tu arrives ?
  • 8-Il hésite.
  • 9-Étudie !
  • 10-Que veux-tu ?
  • 11-Je le sais.
  • 12-Tu vas où ?

Cette activité est intéressante parce qu’elle permet de faire aussi travailler les enchaînements (consonantiques et vocaliques) et qu’elle empêche la réalisation de diphtongues.

3- Allers et retours

Nous commencerons par produire une phrase lentement (mais pas trop !). Puis nous produirons la même phrase sans les consonnes. Nous la reproduirons ensuite avec les consonnes, puis sans les consonnes et ainsi de suite.

Exemple :

  1. C’est ma vie.
  2. eai
  3. C’est ma vie.
  4. eai, etc.

Quelques exemples de phrases

1- Une amie. 2- Il a mal. 3- C’est à Paul. 4- C’est Sophie. 5- Tu vas où ? 6- Obélix.

Remarques

On peut :

  1. Proposer des séries ou des phrases en vue de travailler un thème particulier : enchaînements, phonèmes vocaliques…
  2. Insérer ces phrases dans des dialogues qu’on leur fera jouer.
  3. Allonger les séries d’une ou deux syllabes de manière à faire varier le rythme.
De la voyelle au rythme
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